• Béryl

    Et un petit Béryl pour la cour de récré de Jill Bill, un !

    Le petit Béryl s’embêtait bien.

    Il vivait depuis bien longtemps à Bigorbourg. Pour être exacte, il y vivait sa mort depuis plusieurs siècles.

    Béryl était né en un temps où peu d’enfants atteignaient l’âge adulte. Le pauvre petiot s’était éteint soufflé par une maladie comme une chandelle à la mèche trop courte.

    Il n’avait que 6 ans à l’époque et comme beaucoup d'enfants de cette époque éloignée il n’avait pas eu l’enfance insouciante qu’ont les nôtres sous nos latitudes.

    Mais, rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de faire pleurer dans les chaumières.

    Béryl, dans son malheur, avait eu la chance d’habiter à Bigorbourg. Vous allez comprendre pourquoi.

    Sur le terrain où sa famille avait vécu, une charmante petite maison avait été construite. Elle avait fini par être habitée par Félicité, mais si, vous savez bien, la fantômette farceuse, l’amie de Prudence l’ange gardienne de Bigorbourg.

    Qu’elle ne fut pas la surprise de Béryl, lorsqu’un beau minuit, il se trouva nez-à-nez avec Félicité trépassée depuis peu. Bien sûr, il la connaissait de vue hantant sa maison depuis toujours, mais d’un naturel timide, il n’avait pas osé se risquer dehors et c’était la première fois qu’il avait l’occasion de rencontrer un autre fantôme en chair et os, enfin si je puis dire !

    Félicité n'ayant pas eu le bonheur d'avoir un enfant (une certaine guerre passée par là l'avait privée de son fiancée) trouva ce petit bout d'homme tout à fait craquant et entreprit de l'apprivoiser et de faire son éducation.

    Mais attention, une éducation ludique. Béryl n'avait pas besoin de savoir des tas de choses inutiles pour les fantômes, du genre pourquoi : moins plus moins font plus (franchement quel intérêt ?), mais en revanche il fallait l'aider à perdre sa timidité et surtout lui apprendre à s'amuser comme un enfant.

    Félicité convoqua donc avec célérité Monsieur le Comte Amédée de Saint Frusquin, le bon moine Sidoine et l'ange gardienne Prudence pour faire bonne mesure.

    Un peu ahuri de se retrouver brusquement, après des siècles de solitude, avec des parents (Félicité et Amédée qui lui aussi dépourvu de descendance décida d'adopter cet enfant surnaturel) et des oncle et tante, Béryl se laissa volontiers "éduquer".

    Amédée fit de lui son aide conteur pour les enfants de Bigorbourg.

    Sidoine, bénéficiant de sorties exceptionnelles (il n'est en effet autorisé à quitter le Paradis que le jour de sa fête) lui appris à se délecter des senteurs délicieuses des petits plats concoctés par des cordons bleus comme Pélagie. Rien de tel qu'une bonne odeur pour donner des couleurs à un honnête fantôme.

    Félicité et Prudence quant à elles l'investir des pleins pouvoirs pour faire des niches aux Bigorbourgeois imprudents ou tête en l'air.

    Félicité se chargeant de l'éducation des apprentis anges gardiens avec Prudence, Béryl fut envoyé dans les foyers bigorbourgeois pour cacher les clés des têtes en l'air impénitents, dérégler les réveils de ceux qui sont systématiquement en retard, bricoler le moteur de ceux qui roulent trop vite, mais aussi pour consoler les chagrins d'enfant, câliner les chats, chiens et autres NAC en l'absence de leurs deux pattes. Et puis Béryl étant un gentil gamin, ses blagues ne duraient jamais bien longtemps et n'étaient guère méchantes, juste ce qu'il fallait pour faire comprendre qu'unehttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTJyhjFQVg9MHktuU0sSppEMcCt47JhSRlcSGeGU5Q8pVwW89at6cnbrIG4 petite présence amicale et farceuse vous accompagnait parfois.

    Il n'est donc pas étonnant que l'expression "il y a (ou il n'y a pas) péril en la demeure", soit devenue "Il y a (ou il n'y a pas) Béryl en la demeure" (je sais elle était facile celle-là).

    Et depuis, il arrive que des bigorbourgeois attentifs voient passer dans la nuit les silhouettes en partie transparentes de deux grandes personnes encadrant une plus petite qui sautille de bonheur.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 07:41
    Caramba

    il n'y à pas péril que je loupe ta chronique de bigorbourg

    2
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 08:46

    avec tous ces talents, ce vilage devient un paradis ! ;-)
    bonne journée

    3
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 08:55
    Dominique

    Bonjour Martine,

     J'ai bien aimé cette atmosphère et ces gentils occupants de Bigobourg ainsi bien sur que ce petit" Béryl "qui a trouvé une famille très attachante.

    Amicalement

    Dominique

    4
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 08:59
    jill-bill.over-blog.

    Bonjour élève Martine !  Eh eh il y a Béryl en la demeure à Bigorbourg !!  Bien encadré il fait plaisir à lire ! Qu'il soit aussi le bienvenue à la cour de récré !  Merci à toi, bises de m'dame JB

    5
    ABC
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 10:10
    ABC

    Après un séjour à Bigorbourg, tu ne dois plus savoir où donner de la tête entre nuit et jour, il n'y a pas beaucoup de minutes de repos !!!!!!!!!!!!!!

    6
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 11:30
    pimprenelle

    Maintenant, je saurai à qui m'adresser lorsque je trouve pas les clefs !

    Heureusement qu'il a été adopté. On ne se rend pas compte à quel point cela peut être important pour un petit fantôme.

    Bonne journée Martine.

    7
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 12:03
    clio48

    Comme d'hab ...scotchée à ton histoire !!!

    Bravo Martine !!

    Bises et bonne journée .

    8
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 13:01
    Lenaïg Boudig

    Bonjour Martine. J'en bave des ronds de chapeau ! Moi c'est Béryl est en péril qui me trottait dans la tête et qui m'est resté, mais toi, tu nous rassures, au contraire, Béryl n'est pas en péril, il est un péril bien inoffensif et très mignon ! Ravie de connaître cette nouvelle tranche de l'histoire de Bigorbourg. Bises.

    9
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 13:11
    Monelle

    Bienvenue au petit Béryl à Bigorbourg ! avec de tels parents il va gandir bien vite ! mais au fait ça grandit les fantômes ???

    Bonne journée - bisous
                             x_3bcb59f8

    10
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 13:43
    Ountés Passat

    Je vais prendre un billet pour Bigorbourg et mon souhait est qu'il y ai Béryl en la demeure. Sinon quel intérêt de faire le déplacement !

    J'aimaerais voir les autres aussi... plus ou moins transparentes...

    11
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 18:32
    cacao

    Bravo Martine ! Très joli ce conte, plein d'imagination et d'originalité. Grosses bises.

    12
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:17
    Martine27

    Il faut bien un petit coin sympa pour se ressourcer un peu !

    13
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:17
    Martine27

    Merci beaucoup, vais-je arriver à continuer ?

    14
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:18
    Martine27

    Le jeu de mot était trop tentant !

    15
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:18
    Martine27

    Ca m'amusait de créer une famille de fantômes et Béryl aurait pu tomber beaucoup plus mal !

    16
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:20
    Martine27

    Heureusement que j'ai mon tableau de personnages, parfois je m'y perds !

    17
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:20
    Martine27

    Mes petits personnages ont parfois tendance à s'imposer ou à me filer entre les doigts ! Je laisse Théodora commencer à me titiller

    18
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:23
    Martine27

    Et si en plus tu sens un petit courant d'air, ce sera Béryl ! Bien sûr que c'est important une famille surtout pour les petits fantômes tous seuls

    19
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:24
    Martine27

    Merci beaucoup, ça me fait toujours autant de plaisir que mes petites histoires vous plaisent

    20
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:25
    Martine27

    Je ne crois pas que les fantômes grandissent, mais voilà comment vérifier ?

    21
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:25
    Martine27

    Je dois dire que dès que cette expression a commencé à me tourner dans la tête, plus moyen de trouver une autre histoire

    22
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:26
    Martine27

    Billet composté ! Si on regarde bien, on arrive très bien à voir les autres fantômes, enfin s'ils sont d'accord pour se laisser surprendre

    23
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:27
    Martine27

    Il m'a murmuré à l'oreille que ce n'était pas lui, tu dois avoir un petit fantôme personnel à la maison

    24
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 19:29
    Martine27

    Merci, Beryl en est tout rose de confusion

    25
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 22:38

    Les fantômes sont heureux et gentils dans ton village ; c'est formidable !Les fantômes écossais devraient y faire un petit séjour!!

    26
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 19:11
    Martine27

    Il y a des fantômes écossais absolument charmant, comme celui de Canterville ou les petits fantômes de Jacques Duquennoy http://www.decitre.fr/livres/Comment-devenir-un-vrai-fantome-en-4-lecons.aspx/9782226183576

    27
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 19:29
    Aude Terrienne

    Béryl en la demeure, trop marrant!

    28
    Vendredi 20 Janvier 2012 à 10:19
    Martine27

    C'est surtout trop tentant !

    29
    Josette
    Samedi 18 Janvier 2014 à 17:11
    Josette

    SOS Béryl vite dit moi où tu as caché le double des clés de la voiture ça urge...

    bisous

    30
    emma
    Samedi 18 Janvier 2014 à 17:11

    c'est  épatant d'avoir inventé Bigorbourg ! cette façon de déployer son histoire en incorporant les nouveaux personnages est vraiment extra !

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