• Pour notre amie Jill-Bill et sa cour de récré, le prénom Daisy 

    Allez savoir pourquoi, mais lorsque j'ai lu ce prénom, il ne m'a pas parlé de fleur (d'ailleurs il parait qu'en anglais Daisy veut dire Œil du jour !), ni de canard ! Non, il m'a chanté un petit air "Toi ma p'tite folie, mon p'tit grain de fantaisie".

    Une fois la graine plantée, je l'ai laissée pousser. Et voilà qu'en est sortie une charmante Papillange, voulant me faire mentir, elle a décidé de s'habiller de pétales de marguerites et de poser sur ses cheveux blonds un ravissant diadème de perles de rosée. Elle m'a fait un clin d'œil d'un beau vert tendre et elle s'est envolée, ses ailes mordorées ont battu un instant et elle a vite, vite, rejoint Bigorbourg pour mener sa mission à bien.

    Sa mission, vous vous en doutez bien c'est d'apporter un p'tit grain de folie et de fantaisie dans le monde. Bon effectivement, Bigorbourg ne manque ni de folie, ni de fantaisie, mais un petit coup de pouce supplémentaire ne peut sûrement pas nuire.

    Alors la charmante petite Daisy va souffler :

    Au père Paterne, de faire ses sermons en chantant.

    A Achille, le bibliothécaire, l'achat de livres vierges dans lesquels ses lecteurs viendront écrire tout ce qui leur passe par la tête.

    A Colette, la sourcière, des jeux d'eaux dignes de Versailles.

    A Gaston, l'inventeur, un nouveau jeu qui réunira petits et grands.

    Aux poissillons, un grand ballet chatoyant, illuminé par Marius l'éclair.

    A Venceslas, l'âne peintre, une BD rassemblant tous les animaux du village.

    A Thècle, la sorcière, une recette de petits gâteaux qui provoqueront des fous-rires.

    Mais les autres habitants aussi seront gâtés. Ces dames offriront des fleurs à ces messieurs, qui eux leur feront de bons petits plats et leur proposeront un diner aux chandelles. Les voitures se gareront du premier coup sans manœuvrer. Les horloges s’amuseront à tourner à l’envers. Les enfants rangeront leur chambre sans rechigner. Les parents se découvriront des talents de conteurs. Les fleurs s’amuseront à changer de couleur. La pluie remontera dans les nuages. Le vent viendra faire les poussières dans les maisons. Les araignées tisseront de superbes rideaux. http://mamiealecoute.m.a.pic.centerblog.net/yog1h303.gif

    Et la petite Daisy de son côté ira jouer à saute-mouton sur les champignons du cercle des fées avec ses amis les autres papillanges, et Romphaire le grognon en sourira.

    Prudente, elle évitera quand même d'inspirer les farceurs et les casse-cou, comme Anicet, Innocent, Félicité ou Cunégonde, ils ont déjà bien assez d’imagination .

    Et puis, si elle a envie de s'amuser encore, elle m'a assuré qu'elle allait venir faire un tour dans notre monde prosaïque et terne, pour lui donner un regain d'énergie et de joie de vivre. Alors si vous avez envie de faire une petite folie mais que vous n'osez pas, appelez Daisy, elle viendra à la rescousse.

     


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  • Gaylor aujourd'hui dans la Cour de Récré de Jill Bill

    Cunégonde, notre petite casse-cou, est punie ! Bon d’accord depuis qu’elle est amie avec son ange gardienne Cunégondange elle fait moins de bêtises, mais que voulez-vous comme on dit, chassez le naturel et il revient au galop.

    Bref, sa dernière cascade ayant un peu, beaucoup, stressé ses parents, ceux-ci ont décidé de sévir. Cunégonde est consignée dans le jardin. Encore que, si je puis me permettre, il me semble que le jardin peut encore être source d’un nombre infini de sottises, mais bon, je ne vais pas m’ingérer dans la politique éducative des parents de notre jeune amie.

    Cunégonde va et vient sur la pelouse, boudeuse et de mauvais poil. Une petite motte de terre a la fâcheuse idée de la faire trébucher. Elle lui donne un coup de pied rageur, envoie terre et herbe balader et aussi autre chose, quelque chose qui semble rouge.

    Voilà qui distrait Cunégonde de sa mauvaise humeur, va-t-elle pouvoir s’amuser avec ce truc ?

    Elle décide que le machin voltigeur est un dangereux bâton de dynamite, comme celui avec lequel Vil Coyote embête Bip-Bip. Mais elle, Cunégonde va arracher la mèche et sauver le drôle d’oiseau, et puis comme ça il va devenir son ami et ensemble ils pourront courir partout, et surtout très loin de ses méchants parents et, et, et déception, le terrible explosif est un crayon, un bête crayon rouge.

    Bon, ceci dit, en y réfléchissant bien, un crayon ce n’est pas mal non plus pour faire des bêtises, Cunégonde fronce les sourcils, un petit sourire qui n’augure rien de bon se dessine sur son visage.

    Un crayon, ça crayonne et les murs ça fait de très belles surfaces pour gribouiller ! Elle le sait, elle a déjà essayé, et puis punie pour punie, après tout (que celui qui n'a jamais fais sa tête de mule lui jette la première pierre comme on dit) !

    Voilà donc notre petite Cunégonde dans sa chambre, le crayon rouge bien calé dans la main. La porte fermée lui offre un superbe tableau blanc. Elle s'approche et commence à griffonner, comme elle ne sait pas trop quoi dessiner, son esprit se met à battre la campagne et elle s'imagine en train de danser avec Igor le coq du clocher tout là-haut au-dessus de Bigorbourg.

    Une curieuse sensation de chaleur se répand dans sa main et le crayon s'envole littéralement pour esquisser en quelques traits rapides un coq et un clocher. Un nuage enveloppe Cunégonde et la voilà qui se retrouve à califourchon sur le dos d'un Igor outré !

    "Génial" braille notre petite peste. Seulement voilà, comment descendre ? Elle agite le crayon dans tous les sens comme si c'était une baguette magique, mais rien ne se passe, aïe, aïe, aïe ! Maligne, Cunégonde se dit qu'elle va penser très fort à sa chambre, elle sent le crayon qui s'échauffe, mais comme il n'a rien sous la mine pour dessiner, la tentative tourne court.

    Le vent se lève et voilà Igor qui tourne comme une toupie, Cunégonde se cramponne, commence à avoir mal au cœur et elle est bien obligée d'appeler du renfort, même si elle pressent que le dit renfort ne va pas être aimable avec elle.

    "Cunégondange s'il te plait tu peux venir m'aider ? S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait !"

    Et voilà l'ange gardienne de Cunégonde qui apparaît, furieuse en effet.

    "Il n'y a vraiment pas moyen de te laisser toute seule cinq minutes ! Tu avais promis d'être sage pourtant !" Brusquement l'ange s'aperçoit de l'endroit incongru dans lequel est coincé sa protégée "Mais, mais, comment as-tu fait pour monter jusqu'ici ?" demande-t-elle bouche bée.

    Cunégonde tend le crayon rouge "C'est lui qui m'a amené" répond-elle piteusement.

    "Gaylor, tu as trouvé Gaylor ! C'est pas possible, je croyais qu'on en était débarrassé !"

    "Eh t'es pas sympa" piaille une petite voix "c'est pas ma faute si les enfants m'utilisent uniquement pour faire des bêtises !" Et dans la main de Cunégonde, le petit crayon rouge et furieux se tortille.

    Cunégondange se pince l'arête du nez, il y a des moments où même les anges gardiens ont la migraine. D'un claquement de doigt, elle rapatrie tout son petit monde dans la chambre de Cunégonde. Elle tend une main péremptoire à sa filleule "Donne moi ce fauteur de troubles que je le taille définitivement ! Je croyais pourtant que le dernier enfant à l'avoir eu en main l'avait perdu une bonne fois pour toute !"

    Cunégonde serre le petit crayon contre elle "Non, je ne veux pas que tu lui fasses du mal !"

    "Mais c'est à toi qu'il va faire du mal ! Et si la prochaine fois tu dessines, je ne sais pas moi, un boa par exemple tu vas te faire étouffer et je te connais tu ne vas pas pouvoir t'empêcher de jouer les casse-cou, et moi je ne peux pas toujours être derrière toi !"

    Cunégonde comprend que là, elle a poussé le bouchon un peu loin et elle essaye d'amadouer son ange gardienne.

    "Non, je te promets, je ne dessinerais que des jolis choses pas dangereuses, des fleurs, des nuages par exemple"

    Cunégondange la regarde d'un air suspicieux "Mon œil oui !" (je sais c'est un langage peu orthodoxe pour un ange) "Dès que je vais avoir tourné les ailes tu vas faire une ânerie !"

    Cunégonde, fine stratège regarde son amie ailée, elle sait bien qu'elle aussi aime bien s'amuser de temps en temps, et lui fait une proposition qu'elle ne peut pas refuser. L'ange résiste un peu, pour la forme, et finit par céder. C'est d'accord, Gaylor restera tranquillement dans le plumier de Cunégonde et deux fois par mois, leshttp://static.freepik.com/photos-libre/crayon-de-couleur-rouge_21101252.jpg deux amies lui demanderont de dessiner une aventure extraordinaire rien que pour elles.

    Gaylor ronchonne un peu, mais c'est toujours mieux que d'être enterré ou réduit en sciure et Prudence l'ange gardienne en chef donne son accord, il faut dire qu'elle n'a pas trop le choix la pauvre ! Et juste une dernière précision, pourquoi Gaylor, parce que c’est le prénom gravé en haut du petit crayon et bizarrement ce prénom est aussi celui du papa de Cunégonde.


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  • Un prénom du jour tout doux pour Jill Bill et sa cour de récré : Violaine

    En ce beau jour de janvier, Inès, la belle brebis de Pernelle, toute pomponnée de frais, a envie d'aller faire une petite promenade au grand air. Elle aime se promener museau au vent, sans compter que marcher c'est bon pour la ligne.

    Voilà donc notre amie qui s'engage dans la forêt, admirant les arbres dégarnis, discutant avec le petit peuple et avec les animaux qui n'hibernent pas.

    Elle s'enfonce de plus en plus sous la futaie, sans se rendre compte que le ciel se plombe de plus en plus. Hélas, elle aurait mieux fait d'écouter plus attentivement Pernelle qui parlait de l'arrivée proche de la neige, parce que ça y est, elle arrive, se met à tourbillonner, s'engouffre sous les arbres.

    Inès se dépêche de faire demi-tour, elle se met à courir, mais dans sa hâte de rentrer se mettre au chaud dans la bergerie, voilà qu'elle se trompe de chemin.

    Elle s'enfonce plus profondément dans le bois, la température d'agréablement vivifiante, devient carrément glaciale. La pauvre Inès se met à trembler de froid, elle cherche un abri et se met à bêler de détresse. Mais qui va bien pouvoir venir à sa rescousse au milieu de tout ce blanc ?

    Elle commence à désespérer, aveuglée par les flocons qui tombent serrés, lorsqu'un bêlement répond au sien.

    Est-ce possible l'une de ses amies de la ferme serait-elle venue la chercher ou n'est-ce qu'un écho ?

    Pour en avoir le cœur net, Inès bêle à nouveau. Et ? Et oui, pas de doute quelqu'un arrive !

    Inès entend le crissement de pas sur la neige, mais elle ne voit rien. Ou plutôt, si, elle voit un scintillement doré qui vient droit vers elle.

    Elle a un peu peur, quelle est cette chose qui s'approche d'elle ?

    Ca y est la "chose" émerge du tourbillon neigeux. C'est un superbe bélier à la toison blanche, portant fièrement enroulées de magnifiques cornes dorées.

    Il s'approche d'Inès, transie, se blottit tout contre elle, partageant sa chaleur avec elle. Il a un si beau regard que notre amie oublie son inconfort et sent son petit cœur de brebis se mettre à battre plus fort.

    Pendant ce temps, Pernelle s'inquiète, elle a remarqué l'absence d'Inès, mais la neige tombe si fort qu'il lui est impossible de se risquer dehors. Alors, l'âme en peine, elle attend et espère.

    Le lendemain, la neige a cessé de tomber, mais Inès n'est pas de retour. Pernelle est morte d'inquiétude, avec d'autres bigorbourgeois, elle se lance à la recherche de sa chère brebis.

    Hélas, rien, aucune trace. Et les jours passent, et l'espoir diminue.

    Mais un beau matin, le redoux arrive, la neige commence à fondre et qui voilà ? Inès qui arrive toujours aussi belle, comme si rien ne s'était passé.

    Pernelle hésite entre joie et colère, mais bien sûr c'est la joie qui l'emporte et toute la petite ferme fait la fête à la rescapée qui arbore un étrange air de satisfaction.

    Dans les jours qui suivent, Pernelle constate qu'Inès fugue régulièrement. Mais où peut-elle bien aller ?

    C'est le premier jour de l'été que tout le monde comprend, lorsqu'Inès après une nouvelle absence de plusieurs jours, revient toute fiérote avec à ses côtés une minuscule agnelle qui cabriole.

    Vous vous doutez bien qu'avec des parents comme Inès et le beau bélier aux cornes d'or, cette petite demoiselle n'est pas tout-à-fait ordinaire. Et c'est le moins que l'on puisse dire, sa toison toute bouclée est du plus beau violet, bizarrement la couleur que Pernelle affectionne tout particulièrement en ce moment. C'est ainsi que son prénom est tout trouvé, la fille d'Inès se prénommera Violaine.http://www.123dessins.com/images/dessins-moutons.gif

    Et je vais vous dire un secret que Pernelle n'a pas encore découvert. Tous les ans, la toison de Violaine changera de couleur, s'adaptant aux goûts du moment de la petite fermière.

    Quant au papa de Violaine, il préfère rester à l'abri des bois, près d'Eve la reine de la forêt, ce qui n'empêche nullement la petite famille de se retrouver très souvent.


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  • Le mois de Janvier, non pardon le prénom Janvier arrive dans la Cour de Récré de Jill Bill

    Janvier est un papillange. Un très mignon petit papillange aux cheveux noirs et aux yeux violets.

    Jusqu’à maintenant il aimait bien s’amuser avec ses amis, mais depuis quelques temps, il s’ennuie. Il trouve que certains jeux ne sont plus de son âge. Ne me demandez pas quel âge il a, les papillanges n’en ont pas vraiment, où plutôt ils ont l’âge qu’ils veulent, c’est pratique n’est-ce-pas ?

    Bon, donc notre petit Janvier s’ennuie, il n’a pas envie de patiner, pas envie d’aller câliner les animaux, pas envie de voler, bref envie de rien, mais pourtant, quelque chose lui manque. Il n’y a pas de doute, il y a comme un creux en lui. Un vide qu’il aimerait bien combler, mais avec quoi ?

    L’hiver est installé à Bigorbourg depuis déjà quelques jours, la neige emmitoufle le bourg et tout le monde est satisfait (je vais vous confier un secret, à Bigorbourg, la neige ne tombe jamais sur les trottoirs ou les routes, c'est bizarre mais c'est comme ça ?

    Bon, donc la neige est là. Le soleil apparaît régulièrement et s’amuse à la faire fondre, mais bien vite Monsieur Hiver vient à la rescousse et son souffle glacial solidifie la neige qui commence à goutter.

    Le soleil, cligne de l’œil et s’amuse à se refléter dans les stalactites qui festonnent le rebord des gouttières.

    Et voilà que passe notre petit ami Janvier, toujours perdu dans ses pensées.

    Tellement perdu que, pan, il entre en collision avec un de ces esquimaux de glace.

    Le stalactite résonne doucement, un son cristallin comme celui des carillons éoliens.

    Janvier en reste pétrifié, que cette sonorité est belle ! Pour lui elle est plus douce que le gazouillis de l’eau, que le frôlement du vent dans les feuilles, que le chant des oiseaux même.

    Il s’approche à nouveau et fermant son petit poing, il donne un nouveau coup dans le morceau de glace, et à nouveau ce son merveilleux.

    Janvier décide de ne pas en rester là, il s’approche des autres stalactites et commence à leur donner de légers coups, et incroyable ! Pas un n’a la même résonnance.

    Alors, le petit papillange se met à voltiger entre ces pics scintillants, ces ailes s’irisent des mêmes reflets, ses petits mains jouent avec ces instruments magiques. Et une superbe mélodie s’élève dans les airs.

    Les bigorbourgeois qui passent ralentissent le pas ou s’arrêtent pour savourer cette délicieuse musique qui pleut sur la neige.

    Janvier, lui, est ravi, cette musique rempli le vide qu’il avait au milieu de la poitrine. Tout content, il s’envole et se met à jouer de la musique sur tous les xylophones de glace qu’il rencontre, emplissant le bourg d’une musique digne de celle des fées.

    Oui, mais lorsque le printemps sera revenu ? Janvier n’aura plus d’instrument de musique ! Voyez-vous ça m’étonnerait beaucoup, connaissant les Bigorbourgeois, je suis bien sûre qu’ils vont arriver à trouver de quoi occuper notre papillange mélomane.

    C'est cette photo de Bruno (qui a bien voulu me la prêter et que je remercie encore) qui a donné naissance à Janvier.

    http://i42.servimg.com/u/f42/09/02/08/06/bord-r10.jpg



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  • Voilà Hectorine qui  arrive dans la Cour de Récré de Jill Bill

    Et si aujourd'hui nous faisions connaissance avec Hectorine ?

    Venez suivez-moi dans la Bibliothèque d'Achille. Il y a encore bien des coins que vous ne connaissez pas.

    Celui-ci par exemple : le coin de l'ardoise magique !

    Il s'agit d'un mur tout blanc sur lequel les enfants, mais aussi les adultes, peuvent laisser des dessins ou des mots.

    Je vais vous raconter l'histoire de l'un de ces dessins.

    Un jour à la fin de l'heure du conte animé par Annette, celle-ci s'aperçoit qu'une petite fille est restée toute songeuse dans un coin.

    Annette s'approche d'elle et lui demande pourquoi elle était aussi pensive.

    "C'est à cause de mon prénom"

    "Oh, oh" pense Annette "Encore une ! Les prénoms sont décidemment une source infinie de réflexion à Bigorbourg"

    "Et c'est quoi ton prénom ?"

    "Hectorine"

    "C'est un prénom peu courant effectivement et pourquoi t'embête t-il ?"

    "Il ne m'embête pas, je l'aime bien, mais il lui manque quelque chose"

    "Il lui manque quelque chose !" Annette est bien étonnée, c'est bien la première fois que quelqu'un lui dit ça "Il lui manque quoi ?"

    "Un animal, comme dans ton conte ! J'aimerais bien avoir un chat qui parle comme le Tom de Mimi"**

    "Ca serait bien effectivement, mais ce n'est qu'une histoire, les chats ne parlent pas" (ici j'ouvre une parenthèse, à Bigorbourg ce cas de figure n'est pas une impossibilité, mais bon !)

    "Ca peut être un autre animal qu'un chat tu sais !"

    Annette sent que, là, elle est mal partie face à cette fillette qui a, manifestement, des idées bien arrêtées.

    Elle se demande comment elle va réussir à régler son problème, quand arrive, venant du coin des bandes dessinées, son aide conteur, Filémon.

    Celui-ci tend la main à Hectorine.

    "Viens"

    La fillette saisit la main tendue et suit ce drôle de bonhomme.

    Filémon la conduit devant l'Ardoise magique, lui tend un pinceau et sort, d'une de ses poches, une flûte.

    Hectorine, un peu étonnée, le regarde avec des points d'interrogation tout autour de la tête.

    "Vas y, dessine ton animal"

    "Mais je ne sais pas qui choisir moi !"

    Filémon sourit et se met à jouer.

    En entendant la petite musique qui sort de l'instrument, Hectorine se fige et sa main se met à bouger presque toute seule. Le pinceau s'envole sur le mur et trace les contours d'un oiseau.

    "Voilà"dit Filémon "Je te présente ton animal"

    "C'est quoi ce drôle d'oiseau ? Et il fait quoi ? Il parle comme Tom ?"

    Annette qui a rejoint les deux compères prend la parole.

    "Ce bel oiseau a un nom qui commence comme le tien, c'est un Héron"

    "Oh, je peux l'appeler Hector alors ?"

    "Bien sûr, pourquoi pas !"

    Hectorine, têtue, reprend "Mais il fait quoi ?"

    Filémon éclate de rire devant cet entêtement enfantin et se remet à jouer. Aussitôt Hector se met à danser sur le mur, il va et vient, s'envole et glisse sur la belle surface blanche.

    "Alors"demande Filémon "Il te plaît ton animal ?"

    "Oh oui, mais, regarde, il ne danse plus !"

    "Alors chante !"

    Et Hectorine se met à fredonner et Hector se met à danser en rythme.

    Enchantée Hectorine attrape Filémon et Annette par la main et improvise une ronde "Merci, merci, merci !"

    Et depuis, dans un coin de l'ardoise magique, un petit héron attend sagement que sa jeune amie vienne lui rendre visite pour danser sur ses chants.

     

    ** Pour les histoires de Mimi et Tom, vous pouvez faire un petit tour dans la fonction "rechercher" pour en savoir plus.

     

    http://i42.servimg.com/u/f42/09/02/08/06/haron210.jpg


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