• Un prénom somme tout plutôt classique aujourd'hui dans la cour de récré de Jill Bill.

    Agnès est une charmante bergère en porcelaine qui égaye une étagère chez Pernelle, la fermière de Bigorbourg.

    Dans la journée, elle se contente de sourire au vide, assise entre son chien et un agneau, elle se repose.

    Elle se repose parce qu'Agnès attend la nuit pour "aller au travail".

    Quel est ce travail ? Vous aidez à vous endormir.

    Comme vous le savez lorsqu'il est difficile de s'endormir, il est conseillé de compter les moutons, mais il faut le reconnaître c'est parfois très énervant et ça fait plus de mal que de bien. Au bout d'un certain temps vous vous embrouillez dans le décompte de ces fichus ovins et vous recommencez à zéro. Au bout du compte, le matin, vous vous retrouvez avec sous les yeux des poches de la taille de valises !

    C'est donc là qu'Agnès intervient. D'abord, elle n'est pas sectaire, elle vous laisse compter ce que vous souhaitez. Vous pouvez donc choisir les moutons bien sûr, le classique n'est jamais démodé, mais aussi

    des chats (bien que ceux-ci parfois n'acceptent pas toujours de défiler dans le bon sens),

    des chiens (qui reniflent dans tous les coins),

    des éléphants (qui se suivent en se tenant la queue, encore que je me demande s'ils font vraiment ça dans la nature),

    des lamas (ceux à quatre pattes et qui crachent, mais si vous préférez vous pouvez aussi opter pour le modèle à deux pattes au crâne rasé et enroulé dans une belle robe orange, c'est d'ailleurs un choix très zen mais ne comptez pas les voir passer en courant).

    Maintenant rien ne vous empêche de choisir un objet comme

    des livres (mais n'en arrêtez pas un pour lire ses pages parce que là vous n'êtes pas endormi),

    des cafetières (je vous le déconseille toutefois si jamais du café venait à se renverser vous pourriez être tenté de vous lever pour en boire une petite lichette),

    des robinets (si le bruit de la goutte qui tombe vous relaxe, chez certains ça énerve).

    Bref la liste n'est pas exhaustive, vous pouvez en débattre avec Agnès elle sera de bon conseil et dans unhttp://1.bp.blogspot.com/_buykA-LojWo/TEaVVj5y0vI/AAAAAAAABFA/ANoifTk64bM/s1600/bo-rivage_labergere.jpg premier temps vous aidera dans votre choix, dans un second temps elle organisera un défilé dans les règles, avec le chiffre en sous-titre pour que vous ne vous emmêliez pas les pinceaux dans votre compte, enfin elle vous jouera sur sa flûte un petit air bien rythmé mais tout doux qui favorisera votre assoupissement. Son mouton et son chien, de leur côté s'occuperont du service d'ordre dans les rangs.

    Avec tout ça je vous garantis que le sommeil viendra vous rendre visite tout en douceur !


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  • Jill Bill nous propose ce prénom masculin même si ce E semble indiquer le contraire.

    Une nouvelle promenade dans la forêt de Bigorbourg, ça vous dirait ? D’autant que le temps si prête bien. Enfiler vos chaussures de randonnée, on y va !

    Il faut marcher longtemps pour atteindre Irénée. C’est encore un des paradoxes de Bigorbourg, la forêt si on la traverse par la route paraît bien peu profonde, mais en réalité ce n’est qu’une illusion.

    Elle est capable de vous proposer de longues heures de marche si vous le souhaitez. Elle déroulera pour vous des sentiers à n’en plus finir, vous fera enjamber de minuscules rivières, vous invitera à tremper les pieds dans des mares grouillantes de vie, vous proposera une sieste reconstituante et si vous êtes amateur de photographie elle vous montrera des spectacles à vous laisser bouche bée d’admiration.

    Et lorsque vous serez fatigué et que vous aurez envie de rentrer chez vous, quelques pas vous suffiront pour retrouver le chemin principal qui vous ramènera à Bigorbourg. Vous pouvez aller vous promener en toute confiance même si votre sens de l’orientation est déplorable, il n’y a aucun risque que vous vous perdiez.

    Bien ceci étant posé, si nous allions faire la connaissance d’Irénée !

    Donc après une longue balade et s’il est bien disposé Irénée vous accueillera avec plaisir. Pourquoi s’il est bien disposé ? Parce qu’Irénée est un vieux monsieur et que, comme tous les vieux messieurs, il a bien le droit à quelques caprices parfois et bien souvent il s’offre des repos prolongés.

    Bien, vous voilà donc sur un chemin qui zigzague au milieu de la forêt et tout-à-coup vous entendez une véritable symphonie de chants d’oiseaux, Irénée n’est plus très loin !

    Devant vous s’ouvre une arche végétale, quelques pas de plus et vous voilà devant une clairière inondée de soleil et au milieu de cette clairière se dresse Irénée.

    C’est un chêne splendide qui étend ses branches tant en hauteur qu’en largeur. A lui tout seul il est presque une forêt. Et s’il y a tant de chants d’oiseaux c’est qu’une multitude d’oiseaux ont construit leurs nids dans ses rameaux et ils payent leur loyer en chansons.

    Irénée est le plus vieil arbre de la forêt, il est là depuis des temps immémoriaux. Il existait bien avant la création de Bigorbourg.

    Soyez flatté s’il vous a laissé le découvrir, ce n’est pas donné à tout le monde. Maintenant il va falloir que vous respectiez la coutume. Ceux qui rencontrent Irénée lui doivent une petite sieste. Installez-vous confortablement à son pied, entre ses puissantes racines et laissez vous aller. N’ayez crainte, s’il existe des chênes vampires qui vous drainent de votre énergie lorsque vous avez le malheur de vous endormir à leur pied, ce n’est pas le cas d’Irénée.

    Juste une petite parenthèse, méfiez-vous des chênes sous lesquels rien ne poussent, ils sont dangereux.

    Bon, donc vous voilà allongé sur l’herbe moelleuse, bien calé. Votre corps se détend, vos paupières se ferment, votre esprit se laisse bercer par le ramage des oiseaux et doucement vous vous endormez.

    Irénée en profite pour s’insinuer dans vos rêves et vous raconter des histoires merveilleuses, notamment celle de sa propre vie. Ne croyez pas que parce qu’il est un arbre il ne connaît que son environnement proche, ce n’est pas du tout le cas. Il fait partie de la grande famille des vieux arbres du monde et leur folklore est tout aussi riche que celui des humains.

    Dans votre rêve, n’hésitez pas à partager avec lui vos joies et vos soucis, les premiers le nourriront et il vous aidera à régler les seconds.

    Et puis, tout doucement, une feuille ou un oiseau viendra doucement vous chatouiller le bout du nez et vous vous éveillerez, frais, dispos, prêt à escalader des montagnes.

    Levez-vous tranquillement, posez votre main sur la rude écorce d’Irénée et remerciez-le pour son accueil, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/21/Chene-de-Tronjoly.jpgensuite repartez par où vous êtes venu, retournez vous une dernière fois et vous verrez les branches d’Irénée s’agiter pour un au revoir et je peux vous assurer que ce n’est pas le vent qui les fait bouger.

    Alors, ne vous sentez-vous pas ressourcé, paré à reprendre votre vie à bras le corps ? Oui, bien sûr ! Inutile de vous retourner maintenant le petit chemin qui vous a conduit à Irénée a disparu, le vieil arbre a besoin de repos. Chut !!!


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  • Merci à Jill Bill pour ce prénom qui sort de l’ordinaire, bon d’accord, à peine plus que d’habitude.

    En route pour la forêt de Bigorbourg où nous allons dénicher notre Eupraxie. Et quand je dis dénicher, c’est dénicher presque au sens propre du terme.

    Qu’entendez-vous dans le prénom Eupraxie, le son eu bien sûr, qui dit « eu » dit « œufs », vous me suivez là ? Non pas trop ! Voici donc quelques explications supplémentaires.

    Eupraxie vit donc dans la forêt de Bigorbourg. Il s’agit d’une charmante petite fée au cœur tendre et son cœur tendre ne supporte pas les exactions des coucous. C’est comme ça, Darwin, et sa théorie de l’évolution, peut se mettre ça dans la poche, Eupraxie se hérisse de fureur lorsqu’on lui parle des coucous.

    Des oiseaux qui non seulement abandonnent leurs enfants, mais qui en plus détruisent les œufs des autres oiseaux, ça elle ne supporte pas.

    Elle a donc décidé de remédier à la situation et elle a créé une « Ecole pour les parents coucous ». Bon me direz-vous, elle a peut-être copié sur certaines réalisations humaines qui ont pour but d’apprendre le métier de parents à certaines personnes un peu dépassées par les évènements.

    Eupraxie s’est attelée, vous vous en doutez bien à une tâche difficile.

    Tout d’abord, elle a commencé par une tournée de sensibilisation.

    D’une part, faire comprendre aux oiseaux de base qu’ils devaient surveiller de près leur nid et que s’ils trouvaient un œuf bien plus grand que les leurs, il y avait anguille sous roche. (NDLR bizarre en effet, mais les oiseaux ont une cervelle d’oiseau et ils ne s’étaient jamais rendu compte de rien, bon remarquez les humains aussi arrivent parfois à avaler d’énormes couleuvres sans sourciller, mais ceci est un autre débat.)

    D’autre part, elle a essayé de faire comprendre aux coucous à quel point la maternité et la paternité étaient des moments, certes crevants, frustrants, énervants, j’en passe et des meilleurs, mais aussi combien privilégiés et heureux.

    Bien entendu, toute cette affaire a rapidement tourné à la foire d’empoigne entre les oiseaux lambdas qui venaient brusquement de se rendre compte que certains d’entre eux s’étaient faits joyeusement refaire en s’éreintant à élever des enfants qui n’étaient pas les leurs, et les coucous qui ne voyaient pas pourquoi toute une civilisation de privilège et d’exploitation des autres devrait brusquement se terminer comme ça !

    Bref, dans un premier temps, Eupraxie a créé une pouponnière dans laquelle, elle accueillait tous les œufs de coucous. Des oiselles bénévoles sans petit acceptèrent de les couver. Puis secondées par les papillanges et Eupraxie, elles se chargèrent de nourrir ce glouton petit monde.

    Dans le même temps, les coucous insouciants étaient priés fermement d’assister à tout le processus, ce qu’ils firent il faut bien le dire en maugréant, mais Eupraxie sait être très persuasive.

    La première année a été la plus difficile bien sûr, ensuite, eh bien les coucous ont trouvé que leurs petits avaient plutôt une bonne bouille et que les nourrices semblaient apprécier les câlins et les bons moments.

    La seconde année, la plupart d’entre eux ont accepté de tenter l’expérience. Il a fallu bien sûr qu’Eupraxie et ses bénévoles leur expliquent comment construire un nid digne de ce nom, comment couver, comment nourrir leurs petits et comment leur apprendre à voler de leurs propres ailes.http://images.jedessine.com/_uploads/_tiny_galerie/20101041/elf-with-sharp-ears-kissing-a-bird-01-atf_q3a.jpg

    Tout cela a été exténuant pour tout le monde, mais quelle belle récompense lorsque dans les nouveaux nids s’élevèrent des « coucou, coucou » à plusieurs voix  et non plus solitaires !

    Et depuis, la forêt de Bigorbourg est la seule forêt au monde où les coucous élèvent eux-mêmes leurs petits. Eupraxie est toujours là bien sûr pour veiller au grain, mais dans l’ensemble elle est plutôt contente de son œuvre et si parfois il y a des rechutes, les familles d’accueil sont toujours prêtes à répondre présentes.


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  • Aujourd'hui un nouveau petit prénom charmant de Bigornette : Gudule !

    Ce matin Anthelme est bien embêté ! Il a beau s'échiner à tirer sur la corde de la cloche qui devrait mettre en branle Gudule la cloche en chef de Bigorbourg, rien à faire, pas le moindre ding et encore moins dong ! En revanche du côté de Gudulette et Guduline ses frangines, pas de problème, ça dingdong à tout va ! Que se passe-t-il ?

    Anthelme, en maugréant, grimpe dans le clocher et là ! Surprise ! Pas de Gudule !

    Un autre qui est drôlement embêté par cette affaire, c'est l'ami Igor le coq, si les 3 cloches ne sonnent pas en chœur, lui il reste coincé en haut de son clocher, pas cool parce qu'il aimerait bien aller câliner sa Pulchérie.

    Mais que s'est-il passé ? Où est passée Gudule ? Aurait-elle été kidnappée ?

    Reprenons donc notre histoire au début.

    Bigorbourg est en pleine semaine de Pâques, les trois frangines Gudule, Guduline et Gudulette se sont envolées vers Rome pour récupérer les bons d'enlèvement qui leur permettront de récupérer, auprès de l'usine cachée quelque part dans la campagne italienne, de quoi semer oeufs, fritures, cloches et autres lapins dans les jardins de Bigorbourg pour la plus grande joie des enfants.

    Notre amie Thècle, curieuse comme une chouette, a demandé à les accompagner, elle voudrait bien savoir comment les cloches s'approvisionnent. Ayant rencontré la sorcière locale lorsque celle-ci était venue s'occuper d'Igor, c'est avec le plus grand plaisir que les triplées l'ont invitée à les suivre dans leur périple annuel.

    Donc de bon matin, nos cloches accompagnées de Thècle, Rune sa chatte sur l'épaule et confortablement installée sur Herbert son balai, se sont envolées pour Rome.

    Le voyage s'est passé sans encombre, tout le monde rigolait bien. Rune s'amusait à sauter d'une cloche à l'autre, au grand dam de Thècle qui avait peur qu'elle ne tombe. Elles faisaient les folles avec les oiseaux de passage, taillaient une bavette avec les autres copines parties se ravitailler. Bref, de vraies vacances.

    Les choses ont commencé à se gâter au-dessus de Rome. C'était un peu la pagaille, le gros bourdon chargé de distribuer les bons d'enlèvement, du fait de son grand âge (l'âge de la retraite n'avait pas encore sonné pour lui), n'était pas très efficace et le chaos s'était vite développé.

    Tout-à-coup, une cloche allemande et une anglaise avaient commencé à se donner des noms d'oiseaux. Il y avait eu bousculade et Gudule s'était trouvé séparée de ses sœurs et de Thècle. Ayant pris un coup de battant, la pauvre complètement sonnée était partie voleter en zigzags elle ne savait plus trop où !

    Dans le même temps, ses frangines avaient réussi à récupérer les bons et se dégageant de la mêlée avaient entraîné Thècle, le chapeau un peu en bataille et Rune le poil un brin hérissé, vers l'usine secrète où elles avaient fait le plein de friandises. Petite parenthèse, Thècle n'a pas pu résister à tester quelques spécialités, mais on la pardonne bien volontiers. Pensant que leur sœur les rejoindrait pour la distribution à Bigorbourg, les quatre amies étaient rentrées bien alourdies à la maison, avaient survolé tous les jardins et lâché leur manne de chocolat. Puis elles étaient rentrées les unes dans le clocher, les autres au Salon de thé.

    Le lendemain, les enfants s'étaient rués dehors pour la récolte, mais par rapport aux années précédentes, elle leur parut un peu chiche.

    De leur côté Guduline et Gudulette s'étaient aperçu que Gudule n'était pas revenue. Elles se rongeaient d'inquiétude les pauvres, incapables de partir à sa recherche.

    Pendant ce temps, alertés par Anthelme, les bigorbourgeois se creusaient la tête, qui avait bien pu embarquer une cloche qui même fine et délicate, pesait quand même un certain poids ! Thècle aurait bien aimé partir à la rescousse, mais par où commencer les recherches, les cloches n'étant pas équipées du GPS ! Bref, elle du se résoudre à attendre comme tout le monde.

    Pendant ce temps, Gudule retrouvait petit à petit ses esprits, mais malheureusement il était trop tard pour faire le plein de friandises, d'ailleurs Pâques était passé. Elle était bien malheureuse d'avoir failli à sa mission, la pauvre Gudule. Elle rentra donc au bercail en passant par le littoral et là, elle eut une idée, elle allait quand même ramener des cadeaux aux bambins de son village.

    Et voilà qu'une semaine après Pâques, les bigorbourgeois furent réveillés par le tintement joyeux d'une cloche passant au-dessus de chez eux.

    Les enfants se ruèrent dans les jardins et découvrirent de superbes coquillages multicolores, des galets tout doux en forme d'œufs, répandus dans les jardins.

    Gudule de son côté, éreintée, revint dans le clocher où elle aurait bien voulu piquer un bon roupillon pour récupérer de ses émotions.

    Reniflant une curieuse odeur de marée, en entrant dans l'église, Anthelme, allez savoir pourquoi tirahttp://www.coloriagesagogo.net/d/4901-1/coloriage_cloche_05.jpeg sur la corde de Gudule et celle-ci réveillée en sursaut lança un ding-dong surpris. Rendu fou de joie en entendant la voix de sa préférée, Anthelme se lança dans un carillonnage échevelé qui ameuta tout Bigorbourg heureux de retrouver sa cloche saine et sauve et qui permit à Igor d'aller retrouver sa Pulchérie. Quant à Thècle, elle inventa de nouveaux délicieux petits gâteaux en forme de galets et de coquillages qui eurent aussitôt un immense succès.




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  • Une nouvelle incursion de Jill Bill et de sa Cour de Récré dans l'univers des prénoms bizarres.

    C'est la nuit à Bigorbourg.

    Trois étrangers rodent autour de l'église. Trois étrangers un peu dans le genre Pieds Nickelés et qui manifestement ne sont pas venus avec de bonnes intentions. Approchons nous pour en savoir plus.

    "J'vous assure, il y a des trucs superbes dans cette église, j'l'ai visitée et le padre, ce cave, m'a montré tout un tas de breloques qui doivent valoir leur pesant d'or" dit celui qui semble être le chef, un grand au nez pointu.

    "Ok, Ok , mais ça doit être bouclé à cette heure et si on force la porte ça va faire du bruit" lui rétorque le second, un petit gros barbu.

    Le troisième larron, un maigrelet attend tranquillement en se curant le nez.

    "Mais non justement" reprend le premier "sont complètement à côté de leurs pompes ici, figure toi que j'ai vérifié, quasiment personne ne ferme ses portes à clef dans ce village de fous !"

    "Pas possible, faut être raide dingue" s'exclame le second, tandis que le troisième s'attaque au nettoyage de ses oreilles.

    Je vous sens inquiets amis lecteurs, Bigorbourg va-t-il subir l'attaque du monde extérieur,  l'église du  bon père Paterne et du coq Igor va-t-elle se retrouvée dépouillée de ses trésors, notamment du bigorneau magique, il existe donc des personnes imperméables à la magie de l'endroit ?

    Pour ce qui est de l'imperméabilité, je vous dis oui tout de suite, ce n'est pas la première fois que des "méchants" cherchent à faire un mauvais coup à Bigorbourg, seulement dommage pour eux Quiriace veille et généralement après s'être frottés à lui, ils n'y reviennent pas une seconde fois.

    Igor qui a repéré le manège des trois loustics, lance un bref cocorico d'alerte.

    Nos trois vilains s'arrêtent net, surpris par ce cri.

    "Sont vraiment frapadingues dans ce bled" ricane le chef "les coqs ont des insomnies". Les deux autres, un peu secoués, cherchent à faire les fiers à bras en rigolant aussi, mais le cœur n'y est pas vraiment, ils ne peuvent pas s'empêcher de regarder subrepticement autour d'eux.

    Et ils ont bien raison !

    Alors que les trois coquins s'approchent de la porte de l'église, voilà qu'un cliquetis se fait entendre !

    Ils s'arrêtent, tendent l'oreille, rien. Ils reprennent leur progression.

    A nouveau, clang, clang, clang.

    Ils se figent à nouveau, pas rassurés du tout.

    "T'es sûr qu'il n'y a personne" demande le petit gros

    "Sûr et certain" fanfaronne le grand chef

    Le petit maigre lui a fourré son doigt dans bouche et se ronge un ongle.

    Et à nouveau à pas de loup, ils avancent. Ouvrent la porte, se glissent dans l'église et à la lueur de leurs lampes torches commencent à faire le tour des objets susceptibles d'être dérobés.

    "Alors les gars, c'est y pas chouette tout ça !" triomphe le grand

    "Ouais, t'a raison" fait le petit gros, tandis que le maigrelet commence à se gratter la tête.

    Seulement voilà ! La porte s'ouvre et se referme dans un grand bruit et CLANG, CLANG, CLANG, quelque chose s'approche !

    Tout tremblant, le grand dirige la lumière vers la source du bruit et là nos trois zigotos se trouvent nez à nez, enfin si on peut dire, avec une armure rouillée et vide qui flotte dans l'air devant eux et s'approche d'un air menaçant, d'ailleurs surgit de nulle part une grande épée se matérialise là où il devrait y avoir une main !

    Epouvantés, les trois bandits se mettent à hurler, à se bousculer et c'est à celui qui trouvera le premier la sortie. Et les voilà qui se sauvent ventre à terre, d'ailleurs, peut-être sont-ils encore en train de courir !

    Le père Paterne et d'autres habitants du bourg ont entendu le tohu-bohu.

    "Tiens" se disent-ils "Quiriace a dû faire le ménage" et ils se retournent pour se rendormir tranquillement.

    Bien sûr, je devine que vous voulez en savoir un peu plus sur cet étrange Quiriace.

    Eh bien, il y a fort longtemps, il s'agissait d'un chevalier en chair et en os, seulement voilà, trouillard, il a manqué à tous ses devoirs en ne protégeant pas la population.

    Alors après son trépas (peu glorieux, il faut le dire, il était mort de peur au passage d'une libellule qu'il avait prise pour un dragon !), il a été condamné à protéger Bigorbourg de toutes les intrusions malveillantes et il faut reconnaître que Quiriace l'armure remplit parfaitement son rôle, mais le fait d'être un fantôme doit certainement l'aider un peu à être moins peureux !

     


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