• Certaines parmi vous viennent de perdre un petit animal auquel elles tenaient beaucoup., elles ont de la peine et nous aussi. Ceci est une petite histoire que j'avais écrite il y a quelques temps quand une autre blogueuse avait vu partir sa petite chatte.

     

    "Allô ! La BIST ?"

    "Oui, bonjour, que pouvons-nous pour vous ?"


    "Bonjour, ici le dispatching du PDA. Nous avons accueilli le mois dernier une Madame Fantine, elle est bien âgée mais nous dit que son dernier home était très confortable et les personnes qui s'en occupaient très sympathiques et plein d'amour. Pensez-vous avoir un ou une nouvelle pensionnaire à leur proposer ?"


    "Seulement un mois pensez-vous que c'est raisonnable de leur proposer un nouvel hôte dès maintenant ?"


    "Nous les avons observer, je pense qu'il n'y a pas de problème. Quand Madame Fantine est partie elle était déjà très âgée et son départ s'est fait en douceur, tout le monde savait que ça devait arriver. Ils en sont maintenant à la phase "bons souvenirs". Donc, oui, je pense sincèrement que le moment est venu pour eux d'ouvrir à nouveau leur cœur. Avez-vous une proposition à nous faire ?"


    "Absolument, votre appel tombe très bien en fait. Nous avons actuellement en transit une toute jeune Mademoiselle Cosette, la pauvre petite a été terriblement maltraitée et elle va avoir besoin de beaucoup d'amour, mais aussi d'un temps d'apprivoisement, je le crains bien".


    "Pas de souci, les Valjean sont des gens très bien, Madame Fantine me le confirme encore. Nous sommes sûrs que votre petite protégée sera bien accueillie"


    "Bien que suggérez-vous comme procédure d'approche ?"


    "Madame Fantine pense que pendant quelques jours il serait bien que Mademoiselle Cosette ne fasse que de brèves apparitions, et tant que faire se peut qu'elle mette bien en valeur son côté vulnérable. Les Valjean ne résistent jamais à leur instinct de protection, ils lui proposeront à manger régulièrement sans jamais la brusquer."


    "C'est noté et ensuite ?"


    "Ensuite, eh bien si Mademoiselle Cosette les trouve sympathiques, qu'elle n'hésite pas à se laisser approcher, puis caresser du bout des doigts et enfin qu'elle se laisse prendre dans les bras. Une place de choix lui sera accordée dans ce foyer".


    "C'est parfait PDA, tout est noté, nous allons demander à notre agent de terrain de briefer Mademoiselle Cosette. Merci à Madame Fantine pour son beau geste."


    "Pas de problème BIST, elle est ravie de savoir que ses humains vont retrouver le sourire en câlinant une nouvelle petite amie à poil. A bientôt, dès que nous aurons de nouveaux candidats nous vous préviendrons"


    "Au revoir à vous aussi".

    Bon vous avez besoin je pense de quelques éclaircissements.

    D'abord les sigles : le PDA est bien sûr le Paradis Des Animaux et la BIST la Brigade d'Intervention Sur Terre, mais vous l'aviez deviné.

    Ensuite, si cette petite histoire m'est venue à l'esprit c'est pour deux raisons.

    D'une part, l'article d'Azalaïs sur l'optimisme dans lequel elle nous fait part de sa tentative d'apprivoisement d'un chat probablement abandonné, or elle a perdu il y a peu sa Mounette.

    D'autre part, parce que depuis toujours je crois fermement que lorsqu'un animal nous quitte, il envoie en quelque sorte un message aux abandonnés du coin indiquant "allez-y, la maison est bonne". Voilà je dédis donc ma petite histoire à tous ceux qui ont perdu un animal aimé, même si ça paraît un peu naif, je reste convaincue que de là où il est il tient en réserve une bonne surprise pour vous.

    C'est ce qui est arrivé à mes parents. Nous avions une Poussy qui un jour a disparu, comme elle était âgée je pense qu'elle a choisi d'aller mourir dans son coin. Nous avions tous beaucoup de peine, mais à peine un mois plus tard une adorable chienne abandonnée est venue "se perdre" dans notre jardin, pas dans celui des voisins, bel et bien dans le notre, ce n'est pas un signe ça que les animaux se transmettent "les bonnes adresses" ? Même chose avec un ami qui venait de perdre sa chatte tuée par une voiture, une semaine après une amie lui amenait deux chatons qu'elle venait de trouver abandonnés au bord de la route.

    Enfin, très franchement je pense que lorsque l'on est habitué à vivre avec un animal, même si ça fait mal de le perdre, on ne peut pas s'empêcher au bout d'un certain temps d'en adopter un autre.


     

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  • Rediffusion d'une aventure de mes petits héros Mimi et Tom

    Mimi et Tom sont tranquillement installés dans leur chambre, vautrés sur le lit. Mimi lit, Tom pionce (non pardon il se repose les yeux). Mimi tend une main et commence à caresser Tom, après quelques instants elle relève le nez et s'aperçoit que sa main est couverte de poils.
    Dis donc mon vieux, fait-elle à Tom, c'est le printemps tu mues.
    Tom ouvre un oeil pas vraiment concerné par le fait que ses poils jonchent le couvre-lit, encore que c'est vrai, ce n'est pas trop agréable d'avaler du poil, mais bon c'est le lot des chats.
    Allez, mon petit père un bon coup de brosse, qu'est-ce que tu en penses ?
    Que du bien, ronronne Tom qui adore être chouchouté par sa jeune deux pattes.
    Mimi se lève et revient avec la brosse spéciale poils de Tom.
    Elle va pour commencer à brosser son compagnon quand tout à coup...
    Ce qui semble des centaines de petites voix se mettent à pépier : Non, non, non, laisse nous tranquilles!!!
    Qu'est ce tu racontes Tom, je croyais que tu voulais un coup de brosse ?
    Mais, fait un Tom interloqué, ce n'est pas moi qui parle !!!
    C'est pas lui, c'est nous, recommencent les petites voix !
    Vous qui ? s'impatiente Mimi.
    Vous êtes bigleux ou quoi ? Nous, les poils de ce sacré chat pardi !!!
    Les poils de Tom ???
    Mes poils ???
    Mimi et Tom se regardent interloqués, qu'est ce que c'est que cette histoire.
    Hem, tente Mimi, les poils de Tom hein ? Et c'est quoi votre problème exactement ?
    On en a marre !!!
    Marre de quoi, interroge Tom, je vous chouchoute, je vous lèche, je vous lisse, je vous fais briller, Mimi vous brosse, alors pourquoi vous râlez ?
    Justement, elle nous brosse, et une fois qu'on est sur la brosse, elle fait quoi, hein, elle fait quoi ?
    Intense réflexion des deux amis qui franchement ne s'étaient jamais préoccupé de la chose.
    Pas la peine de vous creuser la tête, on va vous le dire nous où on finit, braillent les petites voix. ON FINIT A LA POUBELLE, voilà où on finit. Terminé, fini, F I N I, on ne veut plus échouer dans la poubelle voilà où il est le problème !!!
    Mais, essaie Mimi, je ne peux pas vous garder sur la brosse quand même ou vous mettre dans les coussins pour les bourrer quand même !!!
    Et moi, hors de question que je vous garde sur le dos, je vais crever de chaud cet été, râle Tom.
    On s'en fiche trouvez une solution !
    Rien du tout, fulmine Tom, vous êtes MES poils je fais de vous ce que je veux, si je veux vous balancer à la poubelle, je vous balance et point barre !
    Ah, c'est comme ça, grognent les petites voix, eh bien on va voir si vous ne vous décidez pas à vous creuser le chou maintenant.
    Et hop, voilà que tous les poils de Tom se mettent au garde-à-vous, tout raides. Ce n'est plus Tom qui est devant Mimi, mais une espèce de chat mutant glonflé de partout, un chat punk hirsute avec une queue comme un goupillon à bouteille. On dirait qu'il est passé au travers d'un flux d'électricité statique tellement ses poils s'agitent dans tous les sens et crépitent
    Au secours, miaule désespérement Tom !!!
    Le premier moment de surprise passé, Mimi commence à pouffer déclenchant la fureur du pauvre Tom.
    Ah ça va, sympa la copine, crache-t-il, la prochaine fois si tes cheveux se mettent en grève et que tu te retrouve avec tes couettes comme des tire-bouchons, compte sur moi pour te soutenir le moral.
    Excuse-moi mon pauvre Tom, finit par dire Mimi en reprenant son souffle après le fou rire qu'elle vient de piquer, je vais chercher une solution pour que tout le monde soit content.
    Et voilà notre Mimi, qui se lève et se met à faire les cent pas dans sa chambre.
    Tout-à-coup son visage s'éclaire et elle sort en courant, laissant derrière elle un chat et les poils du-dit chat fort perplexes.

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    Un moment plus tard, alors que chat et poils commençaient à trouver le temps long, Mimi revient radieuse.
    Ca y est j'ai trouvé la solution. Les poils il faut que vous me fassiez confiance, vous me laissez brosser Tom et je vous jure que vous ne finirez pas à la poubelle.
    Promis, juré ? s'inquiètent les poils.
    Promis, juré, si je mens je vais en enfer, les rassurent Mimi.
    Bon, OK, vas-y, mais gare à Tom si tu nous mènes en bateau, des poils même après brossage c'est pas ça qui lui manque sur le dos.
    Tom, quand même un peu inquiet, se laisse brosser sous toutes les coutures par Mimi. Bon sang que c'est bon !!!
    Enfin, voilà Tom tout beau et la brosse pleine de poils.

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    Direction le grenier, dit Mimi, entraînant avec elle sa troupe sur pattes ou sur brosse.
    Mimi se perche sur une petite chaise, elle ouvre la petite lucarne du grenier, Tom intrigué saute sur le rebord du toit à côté d'elle. 
    Que va-t-il se passer ?
    Notre amie Mimi commence à lancer dans le vide des petites pincées de poils bleus, fureur des poils qui pensent que c'est une autre façon de les mettre à la poubelle.
    Ne craignez rien, leur crie Mimi, vous allez vous rendre utiles.
    Et voilà que les oiseaux du jardin de Mimi arrivent à tire d'aile et se mettent à attraper au vol les petites touffes de poils.
    C'est ça ma solution, rit Mimi, les oiseaux vont se servir de vous pour faire un nid tout douillet pour accueillir leurs petits. Alors vous en pensez quoi ?
    Génial, s'écrient en choeur Tom et ses poils !!!
    A mourir de rire, pépie une nouvelle petite voix, du poil de chat pour tenir chaud à des oisillons, on aura tout vu.
    Tom et Mimi sursautent et se retournent.
    Au milieu de la pièce Souricette se roule par terre de rire.
    C'est ça rigole bien, la prévient Tom, mais fais gaffe à tes poils, parce que les oisillons en question pourraient bien se retrouver avec des oreillers en poils blancs, tu me suis là ?
    Et voilà la Brigade de Sauvetage (des Poils cette fois-ci) a mené à bien une nouvelle mission.

    L'idée de cette petite histoire m'est venue en regardant les hirondelles et en me souvenant que lorsque , enfant, j'habitais en immeuble je jetais par la fenêtre des petits bouts de coton qu'elles attrapaient au vol pour en garnir leurs nids.

     


     


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  • He, ho !
    Eh, oh !!!
    Je suis là !
    Quelqu'un m'entend-il ?
    Mais c'est pas vrai, je vais resté enfermé encore comme de temps là-dedans ?
    J'entends du monde pourtant.
    Et ça parle et ça parle !
    Personne ne m'entend ?
    Non rien à faire. J'ai beau brailler, pas un qui m'entende.
    En réalité, ils n'écoutent pas c'est ça le problème.
    Pourtant, flûte, certains ont eu de la chance.
    On les a entendus, écoutés.
    Je le sais, ils ont poussé des cris de joie une fois délivrés.
    Et moi, et moi, c'est pour quand ?
    J'en ai assez, mais j'en ai assez d'attendre encore et encore !
    D'ailleurs, ça fait combien de temps que je poireaute comme ça ?
    J'en ai marre d'être coincé ici, pas moyen de bouger, rien à voir !!!
    Marre, marre, MARRE.
    Mais vous allez vous les déboucher les oreilles, oui, vous allez m'entendre à la fin ?!
    Bon je vais arrêter de m'égosiller et dormir un peu.
    Tiens qu'est ce qui se passe ?
    Mais oui, j'ai bien senti !
    Quelqu'un vient de toucher ma prison.
    Bizarre, direz-vous comment peut-il savoir qu'on touche sa prison ?
    Il faut dire que ça fait tellement longtemps que je suis là qu'on fait corps maintenant, mais là n'est pas le propos, je vous dis qu'il y a quelqu'un qui m'observe !
    Oui, oui, YES, enfin cette fois-ci c'est pour moi, il semblerait que je vais enfin pouvoir sortir, mais il y a encore bien du chemin d'ici là.

    Balancement, ça y est on nous soulève ma prison et moi, enfin, enfin.
    Je sens à nouveau les regards qui fouillent, les mains qui palpent, caressent.
    Les choses sérieuses vont enfin commencer.
    Les coups commencent à pleuvoir et c'est bon.
    Non attention, ne vas pas par là !
    Voilà, c'est mieux.
    Maintenant ce serait bien de dégager également ce morceau là !
    Bien, doucement, doucement, là ça devient délicat.
    Je suis quand même fragile, il ne faut pas faire n'importe quoi.
    Tu sembles satisfait de toi, ah là là, que les humains sont présomptueux, enfin, l'important c'est que j'ai enfin été entendu et tu sembles bien comprendre ce que je veux. Oui, va te reposer ce serait bête de tout gâcher maintenant.
    Aller encore un petit effort, il faut encore polir un peu ici, élaguer par là !
    C'est bien ma prison est presque entièrement démolie.
    Je te sens de plus en plus content de toi, tu m'amuses.
    Et voilà, crac, le dernier morceau part, je suis enfin sorti de ma gangue, révélé au monde grâce à tes mains et à ton oreille invisible, celle qui a entendu ma voix, celle qui a sû transmettre mes instructions à tes doigts et à tes outils.
    Comment, que marmonnes-tu ?
    "Quel nom vais-je donner à ma statue ?"
    Celui que tu veux mon ami, mon libérateur, si je t'ai aidé à me mettre au monde, ce choix là ne dépend que de toi. Comme tout créateur tu m'as amené à l'air libre, mais tu sais cela faisait déjà longtemps, très longtemps que je vivais au coeur de ce bloc de marbre, j'attendais simplement celui qui saurais entendre mon murmure, celui qui saurais me donner vie. Je t'en remercie comme tous mes frères et soeurs ont remercié tes pareils au fil des siècles.


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  • Une autre rediffusion de 2007, il fallait écrire un texte comprenant les mots train, début de matinée, Armande, Lac d'Annecy, tableau. Voili, voilà.

    Dans le train, en ce début de matinée, Armande somnole.

    Bientôt elle arrivera à Annecy où elle doit passer un entretien d'embauche dans une agence de voyages. Si tout se passe bien elle espère pouvoir commencer une nouvelle vie, peut-être trouver un nouvel amour.


    Le train arrive en gare.

    Elle a encore beaucoup de temps devant elle avant son rendez-vous, aussi décide-t-elle de faire un peu de tourisme, après tout çela peut même lui servir pour son futur entretien, s'intéresser à sa future ville ne peut-être qu'un bon point, non ?


    La voilà donc qui déambule de par la vieille ville, admirant église, arcades, échoppes.

    Tout à coup, elle s'arrête devant la devanture d'une galerie d'art qui présente un artiste "spécialisé" dans des peintures du Lac d'Annecy. D'une oreille distraite elle entend l'église toute proche sonner les 10 heures.


    Elle jette un coup d'oeil sur l'enseigne et sans savoir pourquoi, Armande est attirée.

    Elle franchit la porte de la galerie et se trouve immergée dans un monde de tableaux étranges.

    Tous montrent le Lac à diverses époques de l'année, sous divers angles.

    Ils sont beaux, presque photographiques, mais ils sont également, comment dire, dérangeants, voilà c'est ça dérangeants. Pourquoi cette impression étrange se demande-t-elle ?


    Personne dans la galerie, pas un client, pas même le galeriste, bizarre mais après tout celà lui permettra de mieux admirer les oeuvres sans être dérangée.

    Elle s'approche du premier, voilà c'est ça alors que de loin tous ces tableaux semblent vides de toute présence, concentrés uniquement sur le paysage, de près, de très près, on s'aperçoit qu'il y a des personnages, mais bien peu. Ici, un couple de personnes âgées, l'homme un parapluie fermé à la main, la femme qui le regarde avec un air interrogateur, plus loin une fillette blonde accroupie près du rivage, son pouce dans la bouche et un minois terrifié, ailleurs encore un jeune homme tenant à la main un skate board (que peut-il bien faire ici avec un skate s'interroge Armande), il a l'air de regarder autour de lui d'un air hébété.

    Oui, l'impression de malaise vient bien de ces personnages comme égarés, perdus dans ce paysage si familier.

    Armande s'approche du dernier tableau de la série.

    Derrière elle, un rideau qui sépare la galerie, d'une arrière-salle bouge légèrement mais elle ne s'aperçoit de rien.

    Elle s'approche encore, fouille du regard ce tableau. Tiens, c'est drôle le temps et l'heure de la journée représentés ressemblent à s'y méprendre à ceux qui règnent dehors.


    Elle s'approche encore plus, rien, pas un seul personnage dans cette représentation-ci.

    Armande a beau scruter le paysage, elle ne voit personne.

    A son corps défendant, elle s'avance encore, presque à toucher la toile.

    Et là, ça la prend, une impression de vertige, de tunnel qui s'ouvre devant elle, un bref balancement et il lui semble qu'elle tombe en avant. Puis, plus rien pendant quelques instants, Armande a perdu connaissance.


    Un vent léger sur son visage, un bruit discret de clapotis, la tire de son inconscience.

    Que fait-elle là ? Elle ne se souvient plus d'être partie de la galerie. Pourquoi ce malaise, qui l'a amenée ici ? Mon Dieu, quelle heure est-il ? Vite un coup d'oeil sur sa montre ! Ouf, il n'est que 10 h 10 ! 10 h 10 ? Mais c'est le temps qu'elle a passé dans la galerie avant de s'évanouir, comment peut-elle être arrivée au bord du Lac ?


    Elle lève les yeux et affolée elle voit devant elle deux yeux verts comme des émeraudes, des yeux sans pupille qui la fixent, deux yeux au milieu d'un visage gigantesque, deux yeux et une bouche souriante, mais un sourire froid et visqueux, une bouche qui murmure "Bienvenue dans ta nouvelle vie Armande".

    Alors Armande se prend le visage entre les mains, sa bouche s'ouvre dans un cri muet comme celui du tableau d'Edvard Munch. Lui reviennent à l'esprit le nom de l'exposition et celui de l'artiste qu'elle croyait ne pas avoir retenus "Renaissances" artiste invité "Dorian Gray"

    Cézanne Paul - Lac d'Annecy

    Lac d'annecy par Paul Cezanne 


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  • Ceci est une histoire improbable.

    En me rendant au travail j'ai croisé à plusieurs reprises la route d'un tigre blanc à l'air triste et d'un papillon cœur.

    De jour en jour, un murmure de plus en plus fort paraissait émaner d'eux.

    Alors, un soir, je me suis arrêtée, je les ai pris en photo, et j'ai entendu leur conversation.

    Le tigre était là depuis peu lorsque le papillon en forme de cœur vint le rejoindre.

    Profitant peut-être de ma présence, il osa prendre la parole dans un doux feulement pour ne pas effrayer la frêle créature au-dessus de lui.

    "Qui es-tu ? Que fais-tu ?

    "Je ne sais, je crois que je devais donner un rendez-vous comme toi".

    "Le mien est déjà passé, ceux qui m'ont déposé ici sont partis loin. Je n'ai plus de raison d'exister".

    "Moi aussi mon rendez-vous est passé. Et j'en ai assez d'être posé sur ce poing. Je n'aime pas les poings, je préfère les mains ouvertes".

    "Qu'importe, notre temps va bientôt s'achever. D'autres viendront nous recouvrir, j'ai vu cela se passer juste en face de nous avant ton arrivée. En attendant, je suis heureux de t'avoir comme compagnon, le temps me semblera moins long".

    "Tu as l'air triste, Tigre !"

    "Oui, j'en ai assez d'être prisonnier ici, j'aimerais connaître la liberté"

    "Moi c'est l'air sous mes ailes que j'espère. Hélas nous sommes coincés ici. Que fait cette femme avec son appareil ? Crois-tu qu'elle nous entend ?"

    Là, j'en profitai et j'intervins.

    "Vouloir, c'est pouvoir. Essayez, échappez-vous !"

    "Tu nous entends humaine ? Crois-tu vraiment que nous pourrions partir ?"

    "Bien sûr, essayez simplement de tout votre cœur !"

    Je repartis avec la photo que voici.

    Puis de jour en jour, en passant devant eux, je les ai vus s'éclaircir doucement. La couleur blanche devenant transparente, la couleur rouge s'estompant en rosé.

    De jour en jour, doucement ils sont partis vers un autre monde.

    Et un matin, en allant au travail, je vis qu'ils avaient disparu, laissant derrière eux dans une trace bleutée, un cirque vide et un poing inutile.

    Au loin, peut-être comme moi, verrez-vous passer la silhouette floue d'un tigre évanescent portant sur son épaule un papillon cœur d'un doux rosé, ou peut-être les devinerez-vous nuages flottants dans le bleu du ciel.

    En tout cas, ils se sont évadés de leur prison de papier et de notre monde gris, juste avant qu'un nouveau panneau publicitaire ne vienne les emprisonner et détruire leurs rêves car bien sûr vous le savez certaines affiches rêvent et espèrent.

     

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