Jill Bill propose d'inviter aujourd'hui Ambroise dans notre petite cour de récré.
Bzzz, bzzz, bzzz. Il y a du remue-ménage dans les jardins de Bigorbourg et dans la campagne environnante.
Bzzz ! Des petits corps noirs et jaunes sillonnent le bourg à toute allure. Et ça zigzag, ça rase-motte, ça loopingue, ça louvoie, ça danse, enfin bref vous voyez un peu l'affairement qui règne.
Seule ou en groupes c'est un véritable déferlement d'abeilles qui écument les fleurs bigorbourgeoises.
Les ruches viennent de se réveiller et il est temps de remplir les magasins de bon miel et de gelée royale.
Nos abeilles vont donc rendre visite aux fleurs et en échange de leur nectar, elles laissent derrière elles le pollen qui assurera les prochaines floraisons, bref, échange de bons procédés.
Bien sûr les abeilles bigorbourgeoises ne sont pas tout à fait semblables à leurs consœurs du monde banal.
Il faut dire qu'Ambroise l'apiculteur (*) veille tout particulièrement sur ses petites protégées.
Il les protège des dangers extérieurs, il entretient les ruches et les peint de couleurs gaies qui éclatent en arc-en-ciel dans la prairie qui les accueillent, il est aussi très au fait du protocole et sait s'entretenir dans les règles avec Mesdames les Reines.
C'est également un excellent organisateur. S'étant enquis auprès de leurs Altesses et leurs sujettes de leurs préférences en terme de fleurs, il s'est arrangé pour que ses industrieuses compagnes créent des miels d'exception à partir d'une seule fleur.
Vous ne trouverez donc qu'à Bigorbourg du miel de rose, de jasmin ou de freesia.
Comment fait-il pour dialoguer avec ce petit monde, eh bien il a appris le langage de la danse et bien souvent les habitants du bourg s'amusent à voir Ambroise virevolter entouré d'abeilles qui boivent ses paroles, enfin ses danses.
Cette collaboration éclairée lui permet également de prélever, avec modération, le miel produit et ceci sans avoir besoin d'enfumer la ruche. Lorsqu'il est prêt à récolter, hop une petite danse et le voilà entouré de l'essaim vrombissant qui attend patiemment qu'il ait terminé son travail pour retourner dans ses pénates.
Lorsqu'il est prévenu qu'une nouvelle reine est prête à monter sur le trône, il se renseigne sur ses désidératas en termes d'aménagement intérieur et de couleur, inutile de dire que toutes ces dames sont ravies d'avoir un tel serviteur à leur disposition.
Les Bigorbourgeois de leur côté ne s'affolent jamais lorsqu'une abeille les frôle, vient vrombir à leurs oreilles ou se reposer quelques instants sur leur épaule. Pas de mouvements brusques, pas de piqures, un statu quo qui satisfait tout le monde.
Et lorsqu'Ambroise a terminé sa récolte, il se met d'accord avec Landry le petit vent qui se charge d'éloigner
les nuages de pluie, et il invite les habitants à une grande foire au miel avec dégustation bien sûr. Les abeilles de leur côté assurent la partie musicale et chorégraphique de la fête, au grand
bonheur des enfants qui se lancent eux aussi dans la danse.
Et pour le petit peuple de la forêt il met de côté un peu de gelée royale qui leur assurera santé et prospérité.
On prête à Albert Einstein cette citation : « Lorsque l’abeille disparaîtra, il ne restera plus que quatre ans à vivre à l’homme » alors protégeons ces amies précieuses qui nous permettent de nous régaler.
(*) Saint Ambroise est le Saint patron des apiculteurs.