Petit mot à illustrer pour l'Arbre à mots. Et comme je sens que je vais m’amuser à mélanger ces mots bizarres et mon petit monde de Bigorbourg, voilà ma définition pour Bigornelle. (A propos Francine, je serais drôlement intéressée par des illustrations de nos dessinateurs).
Bigornelle : Mot commun féminin, strictement régional, voire même carrément local. En effet, la Bigornelle est la coiffe inventée par l’épouse de Blaise, le fondateur du village de Bigorbourg. L’esprit protecteur de Bigorbourg se présentant sous forme d’un bigorneau, Madame Blaise dentellière émérite de son état créa une charmante coiffe pour les grandes occasions. Celle-ci se compose de deux bigorneaux enroulés au niveau des oreilles (oui un peu le style Princesse Leïla) et d’un autre posé crânement sur le dessus de la tête. Elle est blanche et brodée de fils argentés ou dorés selon le goût de chacune. Cette coiffe s’attache sous le menton grâce à un ruban de couleur là aussi laissé au choix de la propriétaire ce qui, d’ailleurs, les jours de fête met beaucoup de nuances et de gaité dans le bourg. Toutefois, afin que les messieurs ne se sentent pas mis à l’écart, Madame Blaise a mis au point un béret en forme de bigorneau pour eux. Celui-ci se porte incliné sur l’oreille, un trait de couleur s’enroulant le long de la spirale du bigorneau. De nos jours encore, des ateliers sont pris en charge par les anciennes et les anciens qui mettent un point d’honneur à apprendre aux jeunes filles et aux jeunes gens l’art et la manière de créer leur Bigornelle, seule petite dérogation à la modernité, la dentelle n’est plus obligatoire, le crochet ou les aiguilles à tricoter peuvent être utilisés. Le port de la Bigornelle est le signe du passage de l’enfance à l’adolescence, tout un programme.
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