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Pour la Cour de Récré de Jill Bill, voilà l’ami Dario qui arrive.
A Bigorbourg comme partout ailleurs, Noël approche à grand pas. Il est temps de penser aux décorations.
Et ça tombe bien, car voilà Dario qui vient de s’inviter chez son grand copain Jacob, si vous savez, le créateur d’échelles.
Dario est un petit monsieur, un peu rondouillard, avec une bonne bouille ronde, une bouche en cœur surmontée d’une fine moustache.
Quand il arrive chez Jacob, il est très élégant, habillé d’un très strict costume avec cravate et souliers vernis, voilà qui étonne un peu nos bigorbourgeois habitués à un peu plus de fantaisie. Comme Jacob a annoncé que c’était Dario qui allait se charger des décorations de Noël, nos habitants sont quand même un peu inquiets.
Bon d’accord, il a une bonne tête joviale, mais son apparence n’inspire pas une franche rigolade. Alors tout le monde s’interroge à quoi vont bien pouvoir ressembler les rues de Bigorbourg après son passage ?
Et le lendemain, lorsque la porte de la maison de Jacob s’ouvre pour laisser passer le décorateur, de nombreux curieux sont à l’affût.
Ils voient d’abord le bout d’une échelle pointer, ce doit être la fameuse échelle de Jacob, celle qu’il ne sort que pour les grandes occasions.
Nos bigorbourgeois sont tout étonnés de voir plusieurs mètres d’échelle sortir seuls, c’est très impressionnant, ils ne pensaient vraiment pas qu’elle était si longue, même si certains prétendent qu’elle peut atteindre les nuages.
Et puis tout-à-coup ça y est le porteur de l’échelle apparaît sur le seuil et tous en restent bouche bée.
Oublié le costume cravate, ils ont devant eux un drôle de bonhomme qui, malgré le froid, parade dans une chemise à manches courtes qui ferait rougir un perroquet, c’est un vrai chatoiement de couleurs et de formes, ceux qui la fixe un peu trop longtemps en ont la tête qui tourne.
Et tandis que les mètres et les mètres d’échelle qui suivent, sortent de la maison, voilà qu’une chanson s’épanouit dans l’air « Si tu vas à Rio, n’oublies pas de monter là-haut », ah ça comme chanson de Noël c’est franchement inédit, on est très loin d’ « il est né le divin enfant » !
Et cette chanson sort de l’oiseau bigarré qu’est Dario, il a une belle voix chaude qui donne envie de danser et d’ailleurs, lui ne s’en prive pas, tout en chantant, il esquisse des pas de salsa, de samba et reconnaissez que c’est un sacré exploit, parce que non seulement il arrive à tenir cette immense échelle sur l’épaule, mais en plus sur les barreaux se balancent des pots de peinture multicolores qui tintent joyeusement.
Personne ne voit bien comment mais l’interminable échelle passe comme une fleur au milieu des rues et, derrière, une longue file de bigorbourgeois qui se déhanchent en rythme, lui emboîte le pas.
Dario s’arrête sur la place de la Mairie, il adosse l’échelle sur … sur … sur rien !!! Grimpe avec célérité et ses pinceaux se mettent à peindre dans le vide. Et là au milieu de ce rien voilà que des étoiles multicolores naissent et se trémoussant au rythme de la samba, elles s’envolent dans les rues adjacentes, se répandant dans Bigorbourg, allumant de la joie dans les regards, tandis que tout le monde fredonne « Si tu vas à Rio, n’oublies pas de monter là-haut ».
Si vous voulez mon avis, je crois que Noël va être chaud à Bigorbourg cette année !
« Si tu vas à Rio, n’oublies pas de monter là-haut » !
Bon, franchement comme vouliez-vous que je fasse autrement qu’inviter Dario Morena à venir pousser la chansonnette à Bigorbourg. Dès que j’ai commencé à réfléchir à ce prénom, pas moyen de me débarrasser de cette musique et puis il fallait bien que je le fasse monter « là-haut », ça a commencé à se corser lorsque je me suis demandé ce qu’il allait pouvoir faire « là-haut » mais le hasard faisant bien les choses, je suis tombée sur cette charmante illustration d’Oncle Dan, alors forcément, tout c’est mis en place !