Paroles plurielles nous proposait d'écrire un texte commençant par la première phrase du texte qui suit et en s'inspirant de cette étrange photo de Coumarine.
Je sors du
garage avec une épouvantable migraine.
Elle vient de me prendre comme ça à l'approche de la maison. Je réussis tant bien que mal à m'extraire de la voiture.
Bon sang que ç'est douloureux.
Tout-à-coup, un horrible soupçon me prend.
Il est tôt, je rentre plus tôt que d'habitude.
Il faut que j'en aie le cœur net. J'arrive à glisser ma clef dans la porte sans faire trop de bruit. Plus ou moins à
tâtons, tellement ma tête me lance, je me dirige vers l'escalier et je monte.
Un rire dans mon bureau. C'est bien ça ! J'ai trouvé la source de ma douleur. Je glisse ma main dans mon sac
et en sors trois accessoires. J'ouvre la porte à la volée, le bruit se répercute dans ma pauvre tête. Mes enfants me dévisagent pris de panique.
Je brandis les deux poupées à leur effigie et commence à leur mettre des coups sur les fesses avec la petite
badine qui ne quitte jamais mon sac. Ils se mettent à pleurer, ils lâchent ma poupée qui s'orne d'une superbe aiguille au milieu du front. Je m'en empare, en extirpe la pointe et aussitôt mon mal
de tête disparaît.
"Filez dans vos chambres et que je ne vous entende plus de toute la soirée".
Reniflant après la volée qu'ils viennent de prendre, mes deux petits sorciers filent à toute vitesse. Dès
qu'ils sont partis je ne peux m'empêcher de rire, petits galapiats d'amour va ! Voilà deux envoûteurs qui promettent pour l'avenir. Quant à moi, j'ai intérêt à mieux planquer ma poupée vaudou
personnelle si je ne veux pas qu'ils soient tentés de recommencer.