Voilà ma nouvelle copie pour la récré de Madame Jill Bill qui nous a gâtés aujourd'hui, il faut bien le reconnaître !
Olive la dame de la rivière et Sylvère le protecteur des plantes sont inquiets.
L'été a été chaud. Olive se sent un peu à l'étroit dans sa rivière dont le débit est bien ralenti et les plantes choyées par Sylvère manquent cruellement d'eau.
Il est temps d'appeler à l'aide.
Par des moyens qui nous sont encore totalement inconnus, Olive demande du secours à une de ses cousines qui habite en Belgique*.
Et voilà qu'un beau matin, Pharaïlde débarque à Bigorbourg.
Pharaïlde est une belle jeune femme, aux yeux d'eau pure, à la chevelure d'un vert scintillant.
Après s'être enquise des problèmes rencontrés, Pharaïlde prend les choses en main.
Dès que la nuit est tombée, les papillanges répondant à la demande de Pharaïlde arrivent, nuée joyeusement pépiante, ils viennent tournoyer autour d'elle, l'effleurant de les ailes de soie. Tous portent un minuscule instrument de musique, certains que vous pourriez sûrement reconnaître et d'autres beaucoup plus étranges que je vous laisse imaginer (je ne vais quand même pas faire tout le boulot !).
Profitant d'un moment de calme de la petite foule radieuse, Pharaïlde se dépêche d'expliquer son plan pour sauver la flore et la faune tant terrestre qu'aquatique de Bigorbourg.
Les papillanges se mettent à en faire des loopings de bonheur.
Dans un sympathique remue-ménage la troupe se met en marche, suivie des yeux par Olive et Sylvère pleins d'impatience et d'espoir.
Pharaïlde et ses jeunes amis commencent à parcourir les rues de Bigorbourg.
Les papillanges se transforment en orchestre, la musique qui sort de leurs instruments est éthérée, elle évoque le doux ruissellement de l'eau, le clapotis de la pluie, la ruée cristalline des torrents, leurs voix pures et douces s'élèvent en accompagnement.
Les Bigorbourgeois en entendant cette mélodie sentent leur cœur battre à l'unisson et des larmes de bonheur leur montent aux yeux, au fond d'eux ils savent qu'un miracle est en marche.
Lorsque la musique bat son plein, Pharaïlde s'élance. Elle se met à danser, les voiles arc-en-ciel impalpables de sa robe scintillent, des vagues de couleur accompagnent chacun de ses pas légers, elle tournoie, saute, semble s'envoler et partout où ses pieds délicats se posent, une minuscule source jaillit faisant revivre les plantes et l'herbe, de ses doigts de légers nuages s'échappent allant réconforter la cime des arbres.
Ainsi toute la nuit, Pharaïlde et les papillanges parcourent les rues, les jardins et les bois de Bigorbourg.
En guise de final, ils se réunissent près de la berge de la rivière et dans un crescendo flamboyant, les voix, la musique et la danse abreuvent la demeure d'Ondine qui se dresse drapée de lumière liquide entourée des poissillons qui eux aussi se sentent revivre. Elle s'élance vers sa cousine et les deux créatures féériques se mettent à danser ensemble dans un déferlement de bonheur et de rires sous le regard émerveillé de Sylvère qui n'oubliera pas de sitôt ce spectacle magique.
Puis bien fatigué, tout ce petit monde va se reposer, tandis que les
Bigorbourgeois ouvrent leurs fenêtres sur
des jardins ressourcés, plein de vigueur et d'éclat. Ils respirent à plein poumons les
traces de féerie qui persistent encore dans l'air ambiant et se sentent eux aussi inondés de renouveau.
* Sainte Pharaïlde était belge. Parmi les miracles qui lui sont attribués il y a, notamment, le jaillissement d'une source (vous voyez d'où vient l'inspiration) et la transformation de pains en caillou (ce qui était un peu plus difficile à placer)